La légende veut que le royaume ait été fondé voila 2000 ans par un prince "KAMBU" venu de l’Inde qui mena une expédition victorieuse dans la région et épousa la reine des "NAGAS" ( ou serpent en sanskrit, animal fabuleux de l'hindouisme, à corps de serpent et souvent représenté à plusieurs têtes, souvent chimériques et effrayantes ) dont le père fut vaincu.
La contraction des mots "KAMBU" et "NAGAS" donne le mot Kambuja qui, prononcé par les Khmers devient Kampuchéa ; par les anglais Cambodia ; par les français Cambodge.
Divin pays ou flotte encore une désuétude rencontrée nulle
part ailleurs en Asie du Sud-est, excepté au Laos ou les 2 capitales, Pnom Phen et Ventiane encore plus que la précédente, restent des capitales à visage humain loin du gigantisme et du
tohu-bohu de Bangkok et de la surprenante modernité de Kuala Lumpur, par exemple.
L'incontournable au Cambodge pour nous, ce n'est pas sa capitale malgré son charme fou, ni les plages de SIHANOUKVILLE, mais c'est la cité mythique d'Angkor, royaume du reve et de la beauté,
royaume des Apsaras, inévitables car présentes partout, sur tous les murs des monuments.
Divines Apsaras : 3 divines syllabes pour dire le
ciel, la sensualité, la terre.
Ces doigts écartés, ouverts, rayonnants ou recourbés les uns vers les autrescomme dans une rose de Jéricho ; ces doigts présentés au bout des longs bras ravis, dans
l’extase ou dans l’angoisse : eux-mêmes dansants ; Extrait de lettre du poète RILKE / 1907.
Demi-déesses, danseuses célestes venues de la mythologie indienne, nées du barrattage de la mer de lait par les dieux et les démons remuant les eaux avec la queue d’un immense serpent nâga pour en faire sortir un élixir d’immortalité.
Angkor est le pays des Apsaras, de pierre et pourtant si charnelles, leurs bras graciles, leur ventre si juvénile, leurs yeux modestement baissés, dotées d’adorables seins bien hauts bien ronds, fait pour la paume de la main comme le chante le poete Souchon.
Les danseuses sacrées d’Angkor ( Christophe Loviny ) furent jusqu’à 3000 à la cour du roi Jayavarmann VII. Au XII ème siècle, 3000 jeunes filles vouées dès leur plus jeune âge , 8 ans environ, à la danse royale, cloitrées dans le palais, vestales destinées à servir uniquement le roi et leur art.
Car leurs danses sacrées jettent un pont entre
le monde profane et le monde divin, il s’agit plus d’une messe destinée aux Dieux brahmanes qui sont alors ceux du pays Khmer.
Mais ce portrait enchanteur d'une époque révolue et ancienne ne nous fait pas oublier la condition déplorable de la femme au Cambodge qui est loin de l'état ydillique dans lequel baignaient
les Apsaras.
Aujourd'hui, le gouvernement cambodgien tarde à lancer de véritables réformes pour favoriser la place et le respect des femmes dans un pays meurtri par son histoire récente ou la guerre et les
troubles politiques ont entrainé un nombre de morts important parmi les hommes, et ont propulsé une majorité de femmes dans un role forcé de chef de famille sans qu'elles aient été reconnues
par les lois et la tradition mais ce sujet délicat, loin de la délicatesse et du statut priviligié des Apsaras, fera l'objet d'un autre article.
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